Archives pour la catégorie Philosophie

Diderot, pour tout savoir

Diderot pour tout savoirC’est d’un livre assez singulier dont je vous parle aujourd’hui, un livre qui vient de sortir et qui est édité par la maison d’édition, Les Cahiers de l’Égaré. Je dis « livre », mais c’est en fait un véritable projet que vous avez là. Un projet collectif, littéraire et philosophique, qui met en réflexion et qui met en jeu, la figure emblématique de ce philosophe des lumières, Diderot, pour le tricentenaire de sa naissance, (il est né à Langres, le 5 octobre 1713). 

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Tous les hommes sont mortels / Simone de Beauvoir

Tous les hommes sont mortels

Ce roman de Simone de Beauvoir, qui commence maintenant à dater un peu, puisqu’il a été publié en 1946, développe avec force le thème de l’immortalité. La quatrième de couverture, très sobre, annonce la couleur avec ces deux petites phrases : « Si l’on nous offrait l’immortalité sur la terre, qui est-ce qui accepterai ce triste présent ? demande Jean-Jacques Rousseau dans l’Emile. Ce livre est l’histoire d’un homme qui a accepté. » Néanmoins, le roman est bien plus qu’une simple histoire d’un homme immortel. Adressé à Jean-Paul Sartre, ce roman totalement tissé par le courant philosophique que l’on nomme « existentialisme », est autant magnifique que noué d’une profonde tristesse que je trouve finalement bien agaçante.

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Ecosocialisme de Michael Löwy / Marx écologiste de John Bellamy Foster

                   

Voici un article un peu singulier, je vais parler de deux livres en même temps. Ils sont très proches, se complètent, je les ai lus ensemble, c’est pourquoi je me permets d’en parler dans un même article. Il s’agit de deux livres politiques, dont le sujet est assez surprenant au départ, puisqu’il développe ce que l’on appelle une pensée écosocialiste, c’est-à-dire, comme le terme le montre, l’alliance de l’écologie et du socialisme. Surprenant en effet, car, de prime abord, l’image du socialisme reste quand même marquée par l’image d’un productivisme forcené. Politiquement, ces deux livres ont donc comme tâche de casser l’image productiviste du socialisme, et en même temps de montrer en quoi la notion de capitalisme vert (ou propre) est une notion contradictoire. Je sais bien que traiter d’un sujet politique est souvent une idée assez dangereuse, tant celle-ci peut nous mettre en désaccord, mais ces deux livres restent néanmoins très intéressants par la portée intellectuelle et pragmatique qu’ils développent. Et puis, pour le dire franchement, la lecture des deux livres donnera des perspectives réjouissantes pour un lecteur intéressé autant que cela donnera des armes pour un lecteur non intéressé. Alors n’ayons pas peur de parler politique.

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Douleurs du monde / Arthur Schopenhauer

Et voici donc, dans l’élan joyeux de vous écrire encore et encore, Douleurs du monde / Pensées et fragments, le livre qui clôt la trilogie sur Schopenhauer. Celle-ci est d’ailleurs volontairement périphérique, refusant ainsi de s’attaquer au bloc philosophique qu’est l’ouvrage Le monde comme volonté et comme représentation. Essentiellement, il y a trois « raisons » à ce décentrement : d’abord, le fait que je voulais lire avant tout L’art d’avoir toujours raison. Ensuite, la présence d’un désir un peu faiblard de se manger les plus de 1400 pages de l’ouvrage central de Schopenhauer. Enfin, avec cet ouvrage Le monde comme volonté et comme représentation, c’est un véritable dossier philosophique qu’il m’aurait fallu faire et non pas simplement une critique de lecture comme je le fais ici.

Douleurs du monde / Pensées et fragments, délivre la pensée d’un monde telle que son titre le laisse paraître. Autrement dit, on ne s’extasiera pas avec Schopenhauer du charme et de la joie que l’on peut éprouver à la vue de ce monde, et comme il le dit très bien lui-même sur le ton d’un questionnement rhétorique : « Le monde n’est-il donc qu’une lanterne magique ? » Autrement dit, la beauté du monde ne rachète pas sa misère. Dès lors, que nous faut-il en conclure de ce monde ? 

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L’art de l’insulte / Arthur Schopenhauer

L’art de l’insulte peut apparaître comme la suite logique de L’art d’avoir toujours raisonpuisque l’insulte correspond au dernier stratagème énoncé par Schopenhauer : « Si l’on s’aperçoit que son adversaire est supérieur et qu’on va perdre la partie, que l’on prenne un ton personnel, offensant, grossier. Devenir personnel, cela consiste à passer de l’objet du débat (puisqu’on a perdu la partie) au contradicteur lui-même et à s’en prendre à sa personne […] »

Mais dans la foulée de vouloir lier les deux ouvrages, nous devons prêter attention au statut un peu particulier de ce livre qu’est L’art de l’insulte. Car en effet, il n’est pas à proprement parler une œuvre de Schopenhauer, mais plutôt un ouvrage monté de toute pièce par le spécialiste de la philosophie de Schopenhauer qu’était Franco Volpi (philosophe Italien mort en 2009). Celui-ci connaissait bien la propension vigoureuse de Schopenhauer à insulter, dédaigner et outrager tout un tas de personnes, d’institutions, de peuples, vilipendant jusqu’à sa pauvre mère ; propension que l’on trouve distillée dans l’ensemble de ses écrits. L’art de l’insulte correspond donc au travail de Franco Volpi qui réunit ici un ensemble d’insultes pour en faire un ouvrage.

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