Archives pour la catégorie Nouvelles

Le contraire de un / Erri De Luca

Pour mon second article sur l’auteur Erri De Luca, j’ai choisi un livre assez différent du premier puisqu’il n’est pas un roman mais un recueil de nouvelles intitulé Le contraire de un. Mon premier article, sur le roman Le jour avant le bonheur, mettait en avant la difficulté de lecture que j’avais ressenti. J’avais alors cherché ce qui dans le texte me paraissait difficile, et j’avais notamment montré en quoi cette difficulté était volontairement recherchée. Avec ce recueil de nouvelles, ce n’est pas de difficulté dont je vais parler, car l’ensemble m’est apparu plus facile à lire. Est-ce là l’habitude qui commencerait à pointer le bout de son nez, ou le format (recueil de nouvelles) qui ne permettrait pas à la difficulté de s’installer, je ne saurais exactement le dire, surement un peu des deux.

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Conte d’amour un soir de pluie / Nguyên Huy Thiêp

Quand j’ai vu sur la table de la librairie un livre de nouvelles d’un célèbre auteur Vietnamien, je me suis dit qu’il était temps d’essayer. J’avoue avoir hésité ; la couverture du bouquin est d’un violet dégueulasse, l’image de la jeune femme n’est pas moche mais est posée là quand même un peu pour susciter la symbolique de la jeune femme asiatique dans l’esprit d’un mâle occidental ; le tout orné d’un titre, conte d’amour un soir de pluie, dont on hésite entre, succomber à la beauté de la simplicité, ou se fourrer la tête dans un pot de miel. Les apparences sont souvent trompeuses dit-on ; c’est le cas ici. Je ne fais pas de résumé complet, d’abord parce que c’est des nouvelles, ensuite parce que je n’en n’ai pas envie. Par contre, je vais parler d’une ou deux nouvelles particulièrement intéressantes.

Nguyên Huy Thiêp est, dit-on, un écrivain ayant participé à la renaissance littéraire du Viêt-Nam dans les années 1980. Renaissance effectivement, les pages de l’histoire du pays ne cessèrent de brûler sous le napalm et autres fioritures, dont les Américains et les Français gardent jalousement le secret, qu’à partir de 1975. On sent dans ces nouvelles le désir aussi bien de renouer que de reconstruire, une histoire poétique d’un pays qui s’en est pris plein la gueule. On trouve alors une force à l’œuvre dans ces pages, belle de mélancolie et puissante arborescence, qui croît dans le cœur et l’esprit du lecteur pour y déposer une sincérité poignante et crue. Dans cette poétique historique s’avance aussi un constat social, celui de la pauvreté, de la violence conjugale, de l’exploitation au travail, ce qui donne assez souvent au lecteur d’être pris dans les brisures du texte, balloté de l’un à l’autre en un sentiment de folie réaliste et très figurative.

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