Archives pour la catégorie Auteurs italiens

Le tort du soldat, Erri De Luca

Le tort du soldatVoici un Erri De Luca qui fait le minimum syndical, c’est le dernier, il vient de sortir (mars 2014). On vous dira que c’est un livre qui percute, mais il ne percute pas vraiment, c’est un livre fainéant et bancal qui, voulant traiter de deux sujets au sein d’un même livre, loupe totalement un des sujets et se rattrape avec le deuxième.

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Acide, Arc-en-ciel / Erri De Luca

Après Le jour avant le bonheur, et après Le contraire de un, voici le moment de clore ce triptyque sur l’auteur Italien Erri de Luca en parlant de son livre Acide, Arc-en-ciel. Décidément, j’avoue avoir de la difficulté avec l’auteur, mais pourquoi diable Acide, Arc-en-ciel est-il si difficile à lire ? Le propos est intéressant et donne envie d’en savoir plus, certains passages sont magnifiques, empreints d’une poésie minérale, solaire, terrestre, une poésie de la matière qui donne corps aux personnages ; mais alors, nous nous perdons totalement dans cette lecture, tant et si bien qu’il peut être difficile de rouvrir le livre pour le continuer ; n’ayez crainte, je l’ai tout de même terminé.

Certainement, je ne conseille pas le livre aux lecteurs débutants car il faut s’y accrocher à l’arc-en-ciel. Il n’est pas celui d’une contemplation sereine alors que l’averse fait place au soleil, lever la tête et rêver, pas de cela ici, il s’agit plutôt de se confronter directement à la réfraction, la réflexion et la dispersion des radiations qui produisent l’arc-en-ciel lui-même. Terminé le phénomène optique vive le corps à corps. Le corps, un grand corps ouvert et peu couvert au monde, on pourrait presque faire un lien avec la philosophie de Merleaux Ponty tant les corps d’Erri de Luca apparaissent comme fondateurs de la conscience. Si ce n’est qu’avec Erri de Luca, la conscience on s’en fiche un peu, c’est la virilité de l’affrontement avec la matière qui compte, l’effritement, la sueur du travail ouvrier, la sueur du missionnaire ; c’est aussi l’échange avec la matière, une participation étrange à la manière du personnage principal qui entretient une relation étrange avec les pierres de sa maison qu’il ne quitte pas.

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Le contraire de un / Erri De Luca

Pour mon second article sur l’auteur Erri De Luca, j’ai choisi un livre assez différent du premier puisqu’il n’est pas un roman mais un recueil de nouvelles intitulé Le contraire de un. Mon premier article, sur le roman Le jour avant le bonheur, mettait en avant la difficulté de lecture que j’avais ressenti. J’avais alors cherché ce qui dans le texte me paraissait difficile, et j’avais notamment montré en quoi cette difficulté était volontairement recherchée. Avec ce recueil de nouvelles, ce n’est pas de difficulté dont je vais parler, car l’ensemble m’est apparu plus facile à lire. Est-ce là l’habitude qui commencerait à pointer le bout de son nez, ou le format (recueil de nouvelles) qui ne permettrait pas à la difficulté de s’installer, je ne saurais exactement le dire, surement un peu des deux.

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Le jour avant le bonheur / Erri De Luca

Après mon triptyque sur l’auteur Akira Yoshimura, j’en commence ici un autre sur l’auteur Italien Erri De Luca avec comme premier livre Le jour avant le bonheur. Faire des critiques de plusieurs livres d’un même auteur m’intéresse car cela permet d’appréhender l’écriture au sein de narrations différentes. Pour autant, je ne vais pas faire des triptyques sur tout et n’importe quoi ; si je le fais pour cet auteur c’est bien qu’il y a quelque chose chez lui qui m’interpelle, qui me questionne, qui finalement me donne envie d’en savoir plus.

Je ne connaissais pas l’écrivain Erri De Luca avant de lire ce livre ; on m’en disait du bien, et trouvant beau le titre, voilà comment il s’est retrouvé entre mes mains. La première chose que je voudrais dire, et se sera le cœur de mon article, c’est que j’ai apprécié la lecture mais qu’il s’agit d’un roman en grande partie difficile à lire ; la fin est par contre plus facile. Cette difficulté m’a surpris, il m’est même arrivé quelquefois de revenir en arrière parce que quelque chose échappait à la bonne compréhension de ma lecture. D’autres fois, je revenais en arrière pour le simple plaisir de relire un passage qu’il soit humoristique ou poétique. Au fil des pages, j’ai enfin compris que cette difficulté était recherchée. Plusieurs indices distillés dans l’ensemble du roman expriment ou expliquent pourquoi et en quoi ce roman est difficile. C’est là un questionnement légitime, car l’histoire est somme toute simple, le vocabulaire ne contient pas des mots que l’on rechercherait frénétiquement dans un dictionnaire, et les notions et sentiments sont accessibles, facilement appréhendables. Alors pourquoi cette difficulté ? D’où vient-elle ? Mais surtout, fonctionne-t-elle ?

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